samedi 7 juillet 2012

Première excursion: vers le lac Chungara

Voici le récit de ma première excursion pendant cette vadrouille chilienne (et bientôt bolivienne). J'entend par excursion le parcours en mini-bus ou 4x4 organisé par des agences, qui peuvent paraître chères, mais permettent de voir un certain nombre de choses en peu de temps, et c'est de toute facon la seule facon d'accéder à certains sites lorsaue l'on est à pied, comme c'est mon cas.

Note: Je n'ai pas sous la main le nom de la plupart des lieux que je vais décrire, j'éditerai donc probablement ce post en les rajoutant, si les noms vous intéressent, n'hésitez pas à reparcourir ce message.
EDIT: C'est fait.

L'excursion commence sur le coup des 8h du matin, nous sommes une quinzaine de touristes dans un mini-bus (plein) avec un chauffeur (logique) et un guide. Seuleument deux étrangers: moi et une hollandaise en vadrouille dans la région (elle a visité la Bolivie, Atacama et s'apprête à remonter sur le Pérou); tous les autres sont des chiliens venus découvrir leur pays (c'est un minimum, il faudrait peut-être que je finisse par envisager de le faire en France, tiens...).
Une fois tout le monde ramassé, direction le nord sur la Panaméricaine qui file vers le Pérou. Après quelques kilomètres sur cette route qui n'a pas particulièrement d'intérêt (je sais pas pourquoi j'y consacre trois lignes), on bifurque sur la route qui mène à l'est, donc à la cordillière et derrière, à la Bolivie. Le premier arrêt se fait au bord de la route pour admirer (de loin, mais pas le choix) les dessins géants réalisés à flanc de colline par les populations indigènes et ancestrales du coin: les Geoglifos del valle Lluta. Ces dessins sont réalisés en posant des roches volcaniques les unes à côté des autres. On reconnait facilement un lama géant, et avec beaucoup d'imagination, une famille. Le trajet reprend et par la fenêtre on peut admirer d'autre dessins du même genre sur les dunes de plus en plus ensablées, parcourues par des langues de sable rouge et noir et s'enfoncant dans la couche de nuages bas recouvrant perpétuellement la ville.
On s'arrête brièvement pour regarder une petite église blanche (la iglesia de San Gerónimo) et ocre à l'extérieure, blanche et bleue à l'intérieure, reconstruite maintes fois après sa destruction systématique par les tremblements de terre. Persévérants les chiliens/croyants. Suite à cette petite pause, l'ascencion commence (il s'agit tout de même d'atteindre un lac à 4500m d'altitude en partant d'une ville portuaire!). Je découvre avec surprise l'existence d'une vallée verte au-dessus de laquelle nous nous élevons: en plein désert, sans la moindre végétation sur les flanc des montagnes, la présence d'un río au fond de la vallée assure le développement d'une importante végétation, et même de champs. À peine habitué à cette vallée, j'ai droit à une autre expérience qui sans être renversante, vaut qund même le détour: la traversée de la couche de nuages sus-mentionnée, qui après quelques minutes de brouillard laisse place à un ciel d'un bleu immaculé et à un soleil brillant de milles-feux (aucun superlatif n'est à négliger) que l'on ne soupconne pas de la ville tant la couche de nuage assure la diffusion homogène d'une lumière blanche et un tout petit plus lumineuse que blafarde. J'ai oublié ma casquette, et je n'ai pas de lunettes de soleil. Hmm. Bon, la capuche fera l'affaire, hein...
L'arrêt suivant nous laisse admirer des cactus en forme d'arbe de trois, quatre ou cinq mètres. Le tout dans une petite vallée sans autre végétation et le long d'une nouvelle expérience rigolote: la route semble en descente, mais moteur coupé et en roue libre, la voiture remonte. J'avoue ne pas avoir trouvé d'explication... Nous rejoignons ensuite le mirador Copaquilla à 300m d'altitude (le fond de l'air commence à se faire frais, comme dirait l'autre) qui surplombe un canyon et offre une vue sur un village où vivent 9 familles Ayamaréennes. La présence de poteaux électriques traversant le décor rappelle la main mise de l'Homme et de sa technologie sur la nature et semblent vraiment détonner dans le désert, même si les courageux qui vivent dans le coin ont bien évidemment le droit à l'électricité et au télephone (sinon il ne pourrait pas regarder Game of Thrones ou The Walking Dead, ce qui est franchement dommage).
Nous reprenons la route (voire la sieste), croisons les restes de fortifications (c'est tout petit: soit il n'en reste rien, soit la bataille se faisait à 5 contre 5) et faisons la pause petit-déjeuner dans le village de Zaharuina (alors là, le nom c'est un vague souvenir sans garantie, hein)(EDIT: vérification faite, il s'agit de Zapahuira) qui est à la frontière entre le désert et le parc (c'est le désert mais avec des petits bosquets verts foncé en plus, le genre de truc qui passe en roulant devant Clint Eastwood qund il a décidé de montrer à un type lambda qui la ramène un peu trop qui c'est le meilleur tireur du désert): pain, confiture et mate de coca. La coca n'est pas le diminutif de cocaïne (même s'il y a peut-être un lien, au secours, je suis un drogué) mais une plante qui se mâche pour aider la respiration en altitude. Ici, il s'agit d'une infusion de ces plantes dans de l'eau chaude. Un peu âpre au début et puis ce n'est finalement pas mauvais.
Le mini-bus redémarre et nous roulons dans une odeur de sable et de poussière qui n'a strictement rien de surprenante vu le décor. Je vois, puis touche mes premiers lamas. Ceux-ci sont à poils laineux1, une couche tellement épaisse qu'en les touchant brièvement (ils n'aiment pas trop être touchés, même s'ils n'ont pas peur de se balader parmis les humains touristes) j'ai l'impression qu'il n'y a pas de corps en dessous! On croise encore de la flaure locale comme une perdrix andine ou un rapace (peut-être un condor, mais vues mes compétences remarquables en ornithologie je ne m'avancerai pas trop. Ceci dit, c'était définitivement un rapace. Après il est peut-être végetarien, en tout cas il ne s'en est pas vanté.). Le guide parle aussi de la flore, mais bon, faut trop pas pousser mes compétences en chilien: j'y comprend rien. Au dessus de nous, le volcan, culminant à 6000m nous toise, paternel2.
Enfin, nous atteignons le lac Chungara, clou du spectacle, à une altitude que j'ai déjà mentionnée, il fallait suivre. Il est entouré de montagnes (et/ou volcan selon leur tendance à cracher du feu, faculté qu'ils n'exhibent pas sur leur front, peut-être par peur des discriminations) enneigées et offre un sublime spectacle à mes pauvres yeux de citadin plus habitués à la grisaille des rues qu'aux étendues d'eau à 4,5·103 mètres au-dessus du niveau de la mer (ou en l'occurence de l'océan), altitude ou je m'attend à trouver au minimum trois mètres de neige et un Mont-blanc plutôt que de la végétation et des oiseaux.
Ceci dit, je ne fais pas trop le mariole: encaisser 4500m de dénivelé en quelques heures ne se fait pas sans un petit mal de crâne et les capacités de mouvement, de sprint ou de saut à la perche se voient fortement limitées par le besoin de marcher au ralentit en inspirant profondément.
Le volcan au pied duquel nous sommes semblent attendre d'être escaladé, c'est difficile de se rendre compte aue le sommet est en fait 2000m plus haut. Autre fait remarquable: des gens vivent pas loin. Je me demande sincérement à quoi ressemble leur vie, pourauoi ils ont choisi de venir/rester, quelles sont leurs inspirations etc. Mais bon, je vais rester avec mes langages de programmation et laisser l'anthropologie à d'autres, même si je ne doute pas que ce soit passionant et qu'au moins, ca permette plus de voyager que l'informatique fondamentale qui n'a besoin que d'un bureau et d'un ordinateur.
Sur le chemin du retour, une brève halte dans un village au maisons en pierres blanches et au toit de chaume, qui, en plus de me faire tourner la tête par l'altitude, me surprend: tellement surréaliste de croiser ici le même drapeau qu'au coeur de Santiago! Suite à une longue descente, la pause déjeuner se fait à Putre, village d'altitude intermédiaire (Chili style, hein) et fait du bien. Enfin, retour pour Arica avec une halte imprévue pour partir à la chasse (pour les voir, pas pour les tuer) aux Huemuls, l'un des deux animaux du blason chilien (le second étant le Condor). J'apprendrai par la suite que le huemul vit en fait au sud, au début de la Patagonie et que ceux-ci ont donc dû être introduits.
L'arrivée à Arica se fait juste après la nuit tombée, une mauvaise empanada et une grosse nuit de sommeil m'attendent.


1Sans référence aucune à l'Âge de Glace, bande de drogués à Pixar!
2Ou maternelle, hein, je suis pas sexiste. Ça en impose, quoi.

jeudi 5 juillet 2012

¡Vamos al Norte!

De retour de Pucón et après une journée de repos à Santiago chez le compañero S., je prend l'avion pour la ville chilienne le plus au Nord du pays: Arica, située à une vingtaine de kilomètres du Pérou, à l'extrême nord du désert d'Atacama où je m'apprête à aller.

Malgré la courte nuit, je fais l'effort de rester éveillé dans l'avion qui fait le trajet Santiago - Arica (en 2h30, soit le temps pour aller à Stockholm approximativement), au moins le temps d'apprécier le survol de la Cordillière dont les sommets enneigés transpersent une mer calme et continue de nuages. À l'autre bout du vol, la traversée de cette couche de nuage laisse directement place à la ville, au désert et à la Cordillière, un spectacle qui vaut largement de s'épargner les 35h de bus nécessaires pour rallier la ville depuis la capitale. Mon premier contacte avec le désert chilien (j'ai déjà traversé un petit désert en Espagne) a lieu pendant le trajet en minibus vers le centre-ville: un longue plaine roccailleuse et poussièreuse derrière laquelle se dresse la pré-Cordillière (les sommets entre 1000 et 3500m).
La ville elle-même est assez étendue, et à part son centre où se dressent quelques immeubles, une église construite par Eiffel et un bâtiment très époque conquistadores, le reste est composé de maisons basses, cubiques, peintes en couleurs vives ternies par la poussière. Un Christ surplombe la ville depuis la colline la délimitant au sud, et on trouve un peu partout (sur des affiches, sur les rideaux de fer ou même en enseigne - Centro de ayuda espiritual) des messages de prosélytisme.

Une fois installé dans la petite chambre de mon auberge (le lit occupe presque toute la place et à part dela il n'y a qu'une vieille TV que je n'ai pas essayé de brancher), je cherche à réserver une expédition dans le parc naturel proche (à l'échellle du Chili). Je finirai par y arriver en fin de journée après m'être fait conseiller par un belge très sympa. Je visite le musée in situ de momies (trop fragiles pour être déplacées, un musée a été construit sur le lieux de leur découverte), je me balade en ville et je pousse jusqu'au spot de surf plus au nord pour regarder le soleil se coucher dans l'océan. Ce ne sont pas les rouleaux des films ou des spots des magasins de surf ou skate, mais ce sont quand même des vagues plus impressionantes qu'à Moliets, et les panneaux "zone inadaptée à la baignade" ou "zone à risque de tsunami" finissent de me convaincre!
En rentrant, je constate qu'à 18h, tous les restaurants sont fermés et je me rabat sur une sandwicherie oú je me prépare à me faire arnaquer, avant d'être agréablement surpris par la hamburgesa servie. J'en profite pour signaler que les chiliens raffolent de l'avocat, qui s'appelle ici palta et qui se mange principalement écrasé en accompagnement, sur du pain (y compris au petit-déj') ou dans les sandwichs.
Le lendemain, en revenant de l'expédition qui sera racontée dans le prochain post, j'ai droit à mon arnaque en achetant une empanada toute petite une fortune, et en apprenant (à mes dépends) que jaiba signifie crabe. Mais bon, l'apprentissage par l'erreur est formateur.
Aujourd'hui, après une grasse matinée bien méritée (enfin, levé 10h c'est pas fou non plus, hein) et passée à terminer un recueil de nouvelles de Bukowski, je file vers le musée archéologique de la ville, dans la vallée d'Azapa à l'est. Moins grand que je ne l'aurais cru, j'ai malgré tout du mal à me concentrer sur les panneaux, à croire que voir des morceaux d'os taillés ou de tissus m'intéresse moins que les délires psycopathes des artistes contemporains. Ceci dit, la civilisation antique ici présentée, les Chinchorro, pratiquait la momification et ils ont utilisé durant leur existence quatre techniques différentes que je vais vous présenter (par ordre chronologique), en cas d'apocalypse nucléaire, cela peut servir pour refonder des civilisations primitives.
Momias negras: la technique la plus complexe et celle qui réclame le plus de connaissances. Il faut commencer par complètement désarticuler le corps, extraire les organes et les muscles puis reformer le squelette en le renforçant avec du bois ou des nattes. Ensuite, remplir les cavités et le crâne avec de l'argile, des végétaux et des cendres (on est à proximité d'un volcan!). Pour finir on remodèle le corps en argile grise, on remet la peau, on pose une perruque de cheveux courts et on rajoute les attributs du visage et du sexe à l'aide d'une peinture rougeâtre.
Momias Rojas: tout commence par des incisions dans l'abdomen (et d'autres parties du corps dont j'ai la flemme de chercher la traduction) pour retirer les organes et une partie de muscles. On détache la tête pour extraire le cerveau, on assèche les cavités avec des braises et on renforce la colonne vertebrale avec du bois. On comble les trous et le crâne avec divers matériaux. Il ne reste plus qu'à modeler le visage, mettre une perruque et peindre le corps en rouge.
Momias con vendajes: une variation de la précédente, à ceci près que l'on remet la peau sous forme de bandages (parfois on utilise de la peau de pélican)
Momias con pátina o capa de barro: technique la plus récente, se pratique à priori sans toucher à l'intérieur ni renforcer le squelette, elle consiste à désécher le corps puis à le recouvrir d'un mélange de boue et d'aglutinant protéiné.
La parenthèse morbide se referme ainsi. Je retourne en ville voir le nouveau SpiderMan au cinéma, en espagnol (El Hombre Araña), sinon c'est pas drôle. Je me marre tout seul en attendant le début du film devant le surréalisme de la situation: je suis au bout du monde et je vais voir SpiderMan le jour de sa sortie dans une langue où je risque de rater 50% des rares dialogues et en plus je me trimballe un paquet de pop-corn pour pas faire les choses à moitié. En tout cas le film est divertissant, le personnage plus proche du comics que celui des films de Sam Raimi (Peter Parker est un vrai lycéen, nerd mais pas caricatural, il skate - il y a des équations écrites sous ses skates! j'approuve! - et arrive à peu près à avoir une vie sociale; il doit fabriquer ses propres lance-toiles) mais les traversées de New-York me paraissent toujours aussi peu crédibles du point de vue de la physique! Ce qui est dròle avec le fait de ne pas comprendre les longs dialogues, c'est de réaliser que l'on comprend quand même le gros de l'histoire (certes, je la connaissais déjà) et que ça révèle bien la vacuité du truc!
Dernière remarque de gringo dressé à la culture US: il y a une base militaire pas loin d'Arica, du coup plein de militaires en uniforme en ville. Comme c'est le désert, l'uniforme est couleur sable et comme nos copains étatsuniens ont eu le bon goût de démarrer deux guerres de dix ans au Moyen-Orient, j'ai tendance à me représenter les soldats US en uniforme sable, d'où une seconde de doute à chaque soldat croisé ici: mais que font les USA à Arica? Et puis je me souvient que quand ils veulent intervenir ici, ils n'ont pas besoin de se déplacer, il leur suffit de financer les militaires locaux qui ont su prouver leur zèle par le passé...

lundi 2 juillet 2012

Tour de chauffe: Pucón

Première partie de l'excursion chilienne de votre serviteur: Pucón, ville à quelques 780km au sud de Santiago, à l'intérieur des terres (autant que faire se peut au Chili), au cœur de la région des Lacs dans une zone volcanique.
Mais avant de pouvoir parler de la ville, il faut parler du voyage!

Pour ne pas changer les bonnes habitudes, le départ se fait sur les chapeaux de roues: choisir une gare au hasard, y aller presque à la dernière minute pour acheter le billet, devoir changer de compagnie puis de gare et finalement attendre une heure le bus en retard. Mais finalement, tout va bien et c'est à 10h du matin que j'arrive à Pucón, village aux airs de village alpin et au ciel couvert.

Jour 1: Installation dans une auberge de jeunesse cosy et écolo, avec un très bon restau végétarien. Malgré l'étiquette "écolo", il y a de l'eau chaude dans les douches, mais il est recommandé de se doucher rapidement ou "con un amigo". Bon esprit.
Je rencontre M., jeune français qui fait le tour d'Amérique Latine après avoir vadrouillé entre travail et voyage en Australie pendant un an. Après avoir demandé conseil (en deux fois) à l'agence de tourisme (excursion, location etc.) tenue par des français forts sympathiques, on se sépare pour l'après-midi: on va au même endroit, mais lui décide d'y aller en bus tandis que je me laisse tenter par l'effort et choisi le vélo pour une balade de 44km (44 KM !!) dans l'après-midi. Cette balade me conduit dans un premier temps à Los Ojos de Carbuga, petites cascades dans la montagne. Si le lieux est superbe et reposant, le chemin vaut également le coup. J'ai roulé sur un chemin à flanc de montagne surplombant une rivière, seul. Magnifique. En chemin, j'ai croisé des moutons (semblables aux moutons irlandais) qui connaissent la priorité à droite: alors que le troupeau était en train de traverser la route, ils se sont arrêté lorsque je sui arrivé à une vingtaine de mètres d'eux pour me laisser la voie libre et ne reprendre la traversée quelques temps après mon passage.
Après une heure à souffler et contempler les cascades, je décide de reprendre la route pour rentrer avant la nuit. plutôt que de faire demi-tour (et remonter la longue descente de l'aller), je cherche à faire une boucle en rejoignant la route quelques kilomètres plus haut. Après deux kilomètres, au moment de choisir entre rejoindre la route ou poursuivre jusqu'au lac de Carbuga, destination initialement proposée par les français sus-mentionnés, je me motive ("après tout, ce n'est plus qu'à trois kilomètres et je viens d'en faire deux en peu de temps!"). Et je regrette. J'hésite trois fois à faire demi-tour1 mais poursuis, me répétant inlassablement les deux Vérités du Guerrier2. Je reste à peine quelques minutes devant le lac: la nuit tombe, et il me reste les 22km du retour et je n'ai pas de lampe. En suivant la route, tout se passe bien et je rentre, fatigué mais content de l'effort et de la balade.

Jour 2: Levé 8h30 avec pour projet d'aller faire un trekk au parc national Huerquehue, mais la pluie nous dissuade et de toute façon le bus pour y aller était à 8h30! Du coup, après avoir été invité à sortir avec le personnel de l'agence Aguaventura (celle tenue par toute une tribu de français) le soir-même, on se rabat sur les thermes. Évidemment, pour pas faire les choses simplement, on décide d'aller aux plus éloignée, et au lieu de payer l'excursion proposé, on fait le trajet par nos propres moyens, ce qui signifie prendre deux bus et dénicher un taxi qui n'essaye pas de nous arnaquer. Finalement on en aura eu pour 10000$ (pesos chiliens, je rappelle à ceux qui n'ont pas suivi) de moins que si on avait payé l'expédition. Les thermes elles-mêmes, Termas Geometricas, sont situées dans une étroite vallée dans les montagnes, à 17km le long d'un chemin accidenté du village le plus proche. Ce ne sont certes pas des bassins naturels, mais le design est particulièrement soigné: un pont de bois peint en rouge vif s'enfonce sr 450 mètres dans la vallée, remontant les 17 bassins d'eau chaudes entre deux parois à pic recouvertes de végétation luxuriante. Plus tard dans l'après-midi, la vapeur d'eau dissimulera le pont au-delà de quelques mètres, donnant à la déambulation un air d'expédition digne d'Indiana Jones. Se baigner dans les bassins d'eau allant de 36°C à 42°C dans ce cadre, disons féérique pour varier le vocabulaire, est agréable, même si on finit par se lasser de ne rien faire d'autre que barboter pendant deux heures. La seule activité dynamique consistant à se placer sous la cascade à 5°C pour apprécier le choc thermique en se jetant dans le bassin chaud d'à côté.
Une fois rentré, il faut résister à l'envie de s'assoupir, complètement relaxés par les thermes: nous devons rejoindre le groupe de français logeant au-dessus de l'agence pour un apéro et une sortie en bar. Le tout se faisant à l'heure chilienne, le rendez-vous est à 23h. Mon compagnon de chambré et de thermes renonce pour cause de fatigue et de départ dans le sud le lendemain matin. Pour ma part, je décide de me motiver à me sociabiliser un peu et m'apprête à rejoindre une immense soirée où l'alcool coule à flot. Après avoir jeté des cailloux sur le toit pour que l'on vienne m'ouvrir, il s'avère que ce que j'avais prit au départ pour une immense colloque d'une bande de potes français gérant collectivement une agence de montagne s'avère être la colloque des six (pour l'instant cinq) stagiaires français embauchés pour six mois et sur lesquels reposent une partie de l'administration de l'agence dirigée par deux amis de longue date passionnés de montagne. Et qui plus est, l'ambiance est plutôt calme: seuls les cinq habitants du lieu sont là, sirotant leur verre de vin et jouant au Uno. L'énorme surprise c'est de trouver parmi ces cinq stagiaires D., seul garçon de la colloque et accessoirement compagnon de route de mes deux ans de taule lyonnaise, dont je n'avais pas de nouvelles depuis un an! Une très bonne surprise qui détend d'entrée de jeu l'atmosphère et fait oublier le faux bond de M. et le coquard que je n'ai visiblement pas rendu (mais je vais bien et mon œil n'a rien).
La soirée se passe bien, l'ambiance est détendue, et même si la musique du bar dansant que nous avons ralliés à 2h du matin ne parvient pas particulièrement à me motiver à danser (d'autant que "danser" ne veut pas dire grand chose dans mon cas).

Jour 3: Après une grasse matinée amplement méritée, l'objectif du jour et la cascade de 87m Salto el Claro. Malheureusement, les indications qu'on m'avait données la veille étaient un peu confuse et D. et moi avons passé 4h à parcourir la plupart des chemins rencontrés, évitant systématiquement le bon (et lorsque nous avons trouvé - sans le savoir - le bon chemin, la victoire nous a semblé trop facile et nous avons donc choisi d'emprunter une mauvaise route après seulement une dizaine de mètres). Ainsi nous n'avons pas trouvé la fameuse cascade, mais la balade vallait largement la peine, même sous la pluie. La végétation, exception faite de la forêt et des montagnes entourant les collines que nous parcourions rappelaient cette chère Irlande et la vision des pics abruptes couverts de forêts, la cime dans la brume et les nuages avait quelque chose de .
Le soir, je rejoins de nouveau le groupe de français pour un asado, nom donné ici au barbecue, repas bien plus traditionnel qu'en France puisqu'il s'en fait même en hiver et que tous les bons immeubles de Santiago ont sur leur toit de quoi en faire (même au trentième étage, à côté d'une piscine!). L'asado de ce soir consiste en un énorme morceau de viande non identifié (peut-être de l'agneau) cuit à la broche puis découpé en morceaux de taille moyenne pour être mangés à main nue, accompagné de purée et de légumes cuits sur le feu périssant du barbecue. Le cadre, un Hostal tout en bois était participant à la bonne ambiance et donnait envie de s'y installer pour couler des jours heureux.

Jour 4: Je n'ai pas suivi le smala en boîte la veille (déjà parce que je devais prendre un bus à 8h30, et puis parce que la musique ne semblait pas prometteuse) et je réussis donc à me lever à temps pour plier bagage, poser mon gros sac dans la custodia et prendre le bus pour Huerquehue. Malheureusement le temps est encore moins clément qu'annoncé et lorsqu'on arrive en haut (nous sommes trois dans le bus: un américain et un allemand avaient le même projet que moi), le garde de l'entrée du parc nous interdit d'aller jusqu'aux lacs (censé être le clou du spectacle). Par contre on a pu aller jusqu'à de magnifiques cascades moyennant deux heures dans la boue et les premières neiges. Une nouvelle fois, les décors "envoient du rêve". Du coup je vais essayer de retourner à Pucón sur un week-end en août pour aller voir les lacs en raquettes et peut-être tenter une expédition organisée par Aguaventura jusqu'au sommet du volcan voisin. Depuis le temps que j'ai envie de gravir un sommet, ce serait bête de rater l'occasion quand elle se présente et que la difficulté n'est pas excessive...

Et sinon, anecdotes: étant rentrés dans la nuit à Santiago, j'ai pu retrouver avec un plaisir non dissimulé la fameuse rubrique "Mujeres en línea" qui m'a appris aujourd'hui que 80% des motardes préfèrent passer du temps avec à moto plutôt qu'avec leurs enfants et que le thé vert éliminé la graisse. L'équivalent pour les jeunes "jovenes en línea" m'aura appris que 15% des utilisateurs d'iPhone préfèrent se passer de sexe plutôt que de passer un week-end sans leur portable. L'ensemble des lecteurs de ce blog ayant quelques bases de sociologie apprécieront j'en suis sûr l'étendue de ce savoir nouveau que leur apporte TVMetro.


1: au passage je tiens à dire, et ce n'est absolument pas de la jalousie ou de la rage, que l'équitation est l'incarnation de la nature humaine profondément impérialiste: elle préfère domestiquer une espèce entière plutôt que d'inventer la roue, le vélo et utiliser ses jambes!
2: No Pain, No Glory et No Retreat, No Surrender

mercredi 27 juin 2012

Les échecs se cachent pour mourir

Parce que tout ne pouvait pas parfaitement bien se passer, voici le récit de l'échec du jour.

Puisque je pars et que j'ai un début de résultat, E. m'a conseillé d'écrire un rapport sur ce que j'avais fait jusqu'à présent et de l'envoyer à deux personne travaillant avec le même outil que moi (mais eux ce sont des "vrais", pas un guignol en stage qui ne comprend que le quart de ce qu'il fait) pour le demander un retour, des conseils ou whatever.
Du coup je viens de passer deux jours à mettre au propre mes fichiers, à rédiger un beau document LaTeX que vous pouvez trouver ici (mais pour une part non-négligeable d'entre vous, il faudra passer par entre deux et quatre ans d'études d'informatique pour y comprendre quoique ce soit, en plus c'est rédigé dans un anglais de zombi). Suite à quoi, il était aujourd'hui 17h, donc je l'ai envoyé aux personnes en question. Sauf que manque de bol, il suffit pas de mettre un vague titre, me présenter et dire que je fais un stage sous la tutelle de E. pour que ces gens qui ne sont pas des étudiants insouciants et naïfs ne le considèrent pas comme du spam et le balance d'une délicate manipulation au clavier (ça m'étonnerai qu'ils utilisent la souris pour supprimer des messages) à la corbeille. S'ensuit un mail semi-amusé de mon encadrant me rappelant que derrière ces deux adresses mails à qui j'ai envoyé ces quelques bits de données se cachent des vrais humains avec deux bras, deux jambes (enfin je crois) (j'ai rien contre ceux qui ont moins — ou plus — de deux bras ou deux jambes, soit dit en passant), qui plus est chercheurs donc — malgré ce qu'on en croit — des gens occupés. Il faut donc leur donner une raison de lire mon rapport (moi qui croyait naïvement que E. leur ayant déjà parlé de mon stage, leur dire qui j'étais suffirait).
Du coup je me re saisi de mon plus bel anglais technique et j'essaye tant bien que mal de mal de faire croire que j'ai la moindre idée de ce que je fais1 et je renvois un mail. Manque de bol, il fallait aussi dire ce que j'attendais d'eux. Ce dont je n'ai pas la moindre idée. On m'a dit d'écrire un rapport, j'ai écrit un rapport. (Un peu servile le gars quand même.)
J'en suis déjà à deux mails, ça commence sérieusement à ressembler à du spam si j'en renvoie un autre2, je suis tout penaud de mon entrée ratée dans le merveilleux monde communautaire de la recherche. Je m'imagine dans dix, en train de donner une conférence et ces deux là seront au fond et se marreront en se souvenant de mes premiers essais raté de communication. Mais ils seront bien obligés d'écouter en fin de compte. Tout le monde écoute quand le barbu d'en face à une hache large comme lui.3


1 C'est pas complètement vrai, hein, c'est pour faire style, parce que c'est cool de passer pour un clown qui comprend rien.
2 Finalement, E. s'occupera de renvoyer un mail de synthèse pour m'éviter d'envoyer "n>2 messages en 1h" (s.i.c.)
3 Oui, je viens d'apprendre comment faire des notes de bas de page en HTML, du coup j'en abuse.4
4 Note dans une note. Noteception.

Pour vous récompensez, ma chanson du jour: Bad Co. Project — Kids of the Nation. C'est du punk, ça chantonne faux, ça lève le poing, ça n'a pas d'espoir et ça n'a rien à voir avec le Chili, c'est importé de Berlin.

mardi 26 juin 2012

Départ.

Demain, ce sera le 27juin. Comme prévu, je mettrait mon stage en pause pendant un peu plus d'un mois pour tracer la route. Je n'ai pas encore bien planifié ce que je vais faire, mais je connais au moins les régions où je vais aller.

A partir de jeudi matin et jusqu'au 2 juillet, je serai au sud du Chili. Pas tout au sud, malheureusement, les conditions climatiques de la Patagonie hivernale et le manque de temps m'en empêche. je serais par contre dans la région des Lacs (Los Lagos), autour de la ville de Pucon. Avec un peu de chance et de force, je pourrais gravir un des nombreux volcans de la régions (seuls une soixantaine sont en activité, et je ne devrais pas pouvoir gravir ceux-là, l'ascension étant réservée aux alpinistes — pourquoi pas andistes? — chevronnés en hiver).

Ensuite, après être rentré à Santiago, je prend l'avion pour l'extrême nord du Chili, où je passerai quelques jours à visiter la région entre Arica et Iquique avant de redescendre dans le désert d'Atacama pour un petite semaine.

Le 15 juillet je devrais retrouver S. pour partir rejoindre L. et B. en Bolivie pour une quinzaine de jours se terminant au lac de Titicaca. C'est en tout cas l'état du projet.



J'essayerai de me connecter de loin en loin pour répondre à quelques mails, peut-être mettre à jour ce blog pour éviter un récit dense et monotone dans un mois. En attendant vous pouvez vaguement savoir où je suis grâce à ce bref (mais complet) résumé de mes intentions de voyage.



A bientôt!

¡Música!

Je suis pas mal sorti ces dix derniers jours. Enfin. Parce qu'avoir un rythme pépère boulot, lecture, dodo, c'est reposant, mais c'est pas très animé.
De fait, je n'ai pas non plus beaucoup dormi (et la nuit à lire l'effroyable manga Battle Royal n'a pas arrangé les choses). Toujours est-il que j'ai du coup quelques trucs à raconter, et que ça remplira un peu le blog avant mon départ (imminent).

Samedi 16 : Après avoir cuisiné (et réussi) pour la première fois un pavé de saumon avec S. parce que j'en avais marre de manger des sandwichs toute la semaine, des amis espagnols basques et catalans à lui, lui et moi, sommes allés au Barrio Brasil (toujours le même) dans un petit bar avec l'annonce d'aller y danser de la salsa. Ou regarder les autres danser de la salsa pour certain dont je tairais ici le nom par respect pour leur honneur. Surprise, pas de salsa, mais deux groupes en concert à la place. Le bar ne paye pas de mine, mais a en fait une bonne contenance puisque répartis sur deux étages. Au rez-de-chaussée (qui n'existe pas au Chili, il y a directement el primer piso), quelques tables et la scène devant un grand mur peint d'un symbole inspiré de l'emblème mapuche. Le premier groupe, des jeunes, a su mettre une bonne ambiance avec sa Fusion Latina, mélange de Jazz et de musique latine à base de percussions, guitare, basse et synthétiseur. Très chouette. Le second était plus orienté rock folklorique et "jazzistico", pour reprendre l'expression de l'organisateur, alternait entre passage clairement rock et de longs intermèdes jazzy. C'était moins chouette, il était 3h30 du matin, on est partis.

Jeudi 21: Toujours dans Barrio Brasil, S. m'emmène voir après le match déjà relaté le concert d'un des groupes incontournable de Santiago, dans un des lieux incontournables de Santiago: la Banda ConMoción! Mélange de ska et de cumbia (musique dansante locale) ce groupe se produit environ une fois toutes les deux semaines à Santiago et presque 2 fois sur trois dans le lieux où nous étions: el Galpón. Comme tous les concerts chiliens, l'heure annoncée est 23h, mais lorsque nous arrivons à 1h du matin, les concerts n'ont pas encore commencés, les gens se "contentant" de danser sur la musique diffusée dans les enceintes. Le concert met une très bonne ambiance, les gens dansent partout et on oublie qu'il est déjà 2h du matin. Ce que j'aime bien dans le ska, et qui est aussi un peu vrai de l'électro, c'est que beaucoup de gens peuvent y trouver leur compte: les amateur de jazz apprécieront le son cuivré, les amateur de rock le rythme, ceux de punk l'énergie, ceux de métal la vitesse. Du coup, on croise des t-shirts de tout ces genre, et ça fait plaisir à voir. Pour info, les mêmes conseils s'appliquent au Chili: n'emmenez pas votre portable dans le pogo!
Le groupe qui suit, Chorizo Salvaje est beaucoup plus orienté cumbia, du coup, moins de pogo et plus de danse (mais je me contente comme d'habitude de vaguement remuer en rythme puisque je ne sais pas danser!) On parle du peuple mapuche, on saute et on danse. Un très bon moment, de quoi refaire le plein d'énergie malgré les 4h du matin!

Vendredi 22: retour au Galpón pour le concert de la Mano Ajena, après une pizza viande - olive - fromage à 1h du matin. Cette fois, on arrive après la première partie (à 1h30, le concert était annoncé à 23h), mais le concert étant absolument génial, on s'en contentera modestement. S. préfère la Banda ConMoción, mais le concert que j'ai vu ce vendredi filait une telle pêche que c'est celui que j'ai préféré. La chanteuse et la violiste passent leur temps à danser et à parcourir la scène, les musiciens ont une énergie inépuisable, et la venue de leur amis sur scène pour partager des morceaux augmente la bonne humeur générale. Le concert se termine en apothéose par la performance impressionnante d'un joueur de flûte de Pan que j'envie, même si je n'en ai pas touché depuis plus de dix ans.

Samedi 23: impossible d'être à Valpo sans sortir un peu! Du coup, sur les 1h du mat' en cherchant un endroit où écouter de la musique en vivo, on atterrit au Gato (chat), bar populaire ayant l'air moins "branché" que le premier bar qui nous avait été indiqué, mais qui ne passait que de la musique enregistrée. Malgré le nectar de pêche difficile à avaler, les deux groupes de musiques andines valaient le coup. Et même si je n'ai pas saisi de profondes différences de genre alors que L. en a mentionné au moins 5 différents en racontant la soirée, et même s'ils nous a fallu attendre la dernière chanson pour nous décider à rejoindre la quasi-intégralité de la salle pour danser entre les chaises plutôt que d'être tristement assis, le concert de ces deux trios en formation guitare-percussions et flûte pour le second) était très sympathique et conclu parfaitement cette semaine de musique locale.

Sur ces mots plutôt soft compte-tenu du ton des derniers messages, je vous laisse...

Valparaiso: dépaysement, enfin

Puisqu'une homoinitiale (mais que peuvent bien signifier ces petits gribouillis rouge sous ce magnifique mot?) habite Valparaiso, et qu'il paraît que c'est cool, S. m'a emmené passer le week end chez elle (elle = L., mais pas moi, pour ceux qui n'avaient pas compris; ceux qui n'ont toujours pas compris peuvent faire une pause, prendre une aspirine et se foutre de cette partie qui n'a aucun intérêt à par montrer que j'aime bien faire des phrases alambiquées n'ayant aucun sens, et que donc, malgré que je me sois levé à 7h30 pour voir des présentations d'étudiant en informatique en espagnol, je suis en forme). Arrêtons là cette première partie, sautons deux lignes et reprenons.

Valparaiso, ce week-end, chez L. .< br /> Commençons par une première remarque: les car chiliens sont confortables. Plus que les français, voire les européens, d'après mes souvenirs de Alsa© en Espagne. Il y a de la place devant les jambes, même quand ce ne sont pas des semi-cama (demi-lit, c'est à dire sièges très abaissables avec repose-jambes — pas pieds, jambes! Et Dieu bénit les chiliens.) et les dossiers sont larges. Tant et si bien que j'ai dormi plutôt confortablement à la fois à l'aller (siège normal) et au retour (semi-cama).
Passons à la ville elle-même à présent, si vous le voulez bien.
Située en bord de mer, construite sur 42 cerros (collines), plus populaire que Santiago la ville procure (enfin) un vrai dépaysement. En effet, le centre de Santiago où je travaille, dors et sors et assez occidentale (surtout pour les parties dormir et travailler, les sorties s'effectuant dans le quartier Brasil dont j'ai déjà parlé) et à part l'espagnol incompréhensible des habitants, j'ai assez peu l'impression d'être sorti d'Europe.
A "Valpo", ce sentiment surgit enfin. Les maisons sont entassées les unes sur les autres, certaines sont effondrées, jamais reconstruites, certaines sont couvertes de tôles servant d'isolement, il y a énormément de fresque. La ville semble plus vivante que la capitale. En plus il faisait beau et chaud (sans contrepèterie). Parce qu'en fait l'hiver au Chili, c'est uniquement les quelques jours où il pleut (et où les rues sont inondées grâce à l'exceptionnelle voirie locale); sinon, s'il y a du soleil, il fait entre 15 et 20 degrés Celsius (pas Kelvin, grands fous!). Un temps de mi-printemps français en somme. Finalement je ne regrette pas trop de ne pas connaître l'été cette année. Je viens encore de faire une digression à rallonge.

Abrégeons là vos souffrance de lecteur. Valparaiso, c'est une ville vachement chouette. L'ambiance y est plus roots et même si elle est apparemment moins sûre que le Santiago (ces pauvres qui ne savent pas se tenir, je vous jure...), elle n'en reste pas moins très agréable à vivre et moins monotone que la capitale. Et ce, malgré l'affreux parlement en forme d'Arc de Triomphe qui cache un bout de la vue.